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Sep 17

Avec la rentrée scolaire, le mérite passe à la trappe

La rentrée appartient aux événements qui rythment l’année, chaude, froide, rarement enthousiaste, mais chaque fois marquée de nouveautés. Cette année, outre la réforme des rythmes scolaires, sujet de prédilection des médias, le gouvernement qui chante en chœur la louange de l’effort passe le mérite à la trappe.

Celui-ci avait annoncé au milieu de l’été la suppression de la bourse du même nom, provoquant un large tollé. Et voici que la nouvelle ministre de l’Education nationale, à peine nommée, déclare qu’elle ne reviendra pas sur cette suppression.

L’aide financière qui garantit l’accès à tous à l’éducation conditionnée par des critères de ressources financières, est indispensable. Etudiante boursière, je sais ce que je dois à ce soutien, sans lequel aujourd’hui, je n’aurais pas l’occasion d’écrire ces lignes-là. Que ces critères soient assortis de celui de l’assiduité et du non-échec aux examens est légitime.

Mais le chemin de l’égalité des chances passe aussi par l’envie déterminée de faire, de réussir et par l’effort individuel. Et quel meilleur encouragement que la reconnaissance toute entière de la République pour ceux qui se dépassent.

Le bonus, alloué à ceux qui grâce à leurs efforts et à leur talent visent l’excellence, est un signe fort de la confiance faite à la jeunesse.

L’ampleur du phénomène de l’échec scolaire dans un grand pays comme la France est désolant. L’absence de réussite universitaire ne peut inspirer que des regrets attristés et l’exode des jeunes diplômés est déplorable.

Pour autant, le mot « mérite » paraît-il si désuet pour être abandonné au profit de celui d’égalité ? Rien ne justifie cette opposition.

Poursuivre ses études universitaires coûte cher et exige bien des sacrifices. Force est de constater qu’un nombre grandissant de jeunes sont contraints de travailler à temps partiel voire de multiplier les petits boulot en parallèle de leur cursus.

Cette bourse au mérite récompensait les boursiers bacheliers titulaires d’une mention très bien ou ceux d’entre eux qui figuraient parmi les meilleurs étudiants de licence, en leur octroyant 1800 € annuels supplémentaires pendant trois ans.

Finie la récompense de l’effort, dommage !

Une envie de se remémorer l’antienne du laboureur de La Fontaine à ses fils : « travaillez, prenez de la peine… le travail est un trésor ».