«

»

Oct 08

Migrants : le Parisien nous pose la question

Migrants : Les Français sont-ils tentés par le repli ?

non

Les Français sont-ils devenus insensibles aux souffrances des peuples qui fuient la guerre, les régimes totalitaires ?

Muriel Boulmier. Non, ils ne sont pas devenus égoïstes. Je le crois profondément. Ce n’est pas l’absence de générosité qui les pousse à ne pas vouloir accueillir des migrants mais l’inquiétude. L’immigration fait partie de l’histoire de France, certes, mais la situation actuelle est différente des vagues d’immigration que nous avons connues par le passé.

 

Quelles sont les différences ?

La masse des personnes concernées et la différence de culture, d’abord. Nous parlons ici de millions de gens, or, il n’existe pas de politique européenne concertée pour cet accueil et le droit d’asile. L’espace Schengen qui devait être réformé en 2009 ne l’a pas été. La perméabilité des frontières est aujourd’hui en cause car certains craignent que dans le flot de migrants se cachent des terroristes. Cette absence de cadre nourrit les inquiétudes et le sentiment d’insécurité qui est très présent. Certains se disent : est-ce que, parmi eux, il n’y a pas des personnes qui nous veulent du mal ? Ce sont surtout les attentats qui ont changé la donne dans le rapport à l’étranger.

 

La crise économique joue-t-elle aussi un rôle ?

Oui, bien sûr. Moi qui suis chef d’entreprise, je le vois bien lorsque je suis au contact des gens qui sont en recherche d’emploi. Notamment chez les plus de 50 ans que le chômage touche à hauteur de 23 %. Ils craignent que cet emploi, qui est rare, parte vers d’autres et notamment chez les migrants. Ce qui alimente aussi un fort sentiment d’injustice.

 

Comprenez-vous les différentes actions qui sont menées en ce moment pour empêcher l’arrivée de migrants sur un territoire ?

Je ne jette pas la pierre. Je n’en veux pas à mes voisins, à mes concitoyens en général, d’avoir des craintes et de faire des raccourcis un peu rapides. Le problème est que nous avons peur de poser des règles claires lorsque des migrants sont présents. Nous sommes dans un double politiquement correct. Celui qui dit : l’immigration, c’est terminé, on n’en veut plus… Et l’autre qui, au nom de la générosité, explique que nous devons accueillir tout le monde. La vérité n’est ni dans l’un, ni dans l’autre.

Le Parisien

 

 

Enregistrer