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Jan 28

Sur Actifs Radio, je participe à l’émission : Fréquence Politique – « Les politiques comprennent-ils le monde de l’entreprise ? »

J’intervenais ce mercredi dans l’émission « Fréquence Politique » d’ActifsRadio.fr sur la question des relations du monde politique avec celui de l’entreprise.

Avec un pied dans ces deux mondes, je suis heureuse d’avoir apporté mon témoignage sur mon métier et mon engagement et d’avoir partagé cette émission avec mon ami Julien Devèze.

 

« Fréquence Politique », l’émission animée par Thomas Simonian. Débat de la semaine : « Les politiques comprennent-ils le monde de l’entreprise ? »
Invités : Julien Devèze (secrétaire national du Nouveau Centre, directeur de cabinet du président de Nîmes métropole) et Muriel Boulmier (adjointe au maire d’Agen, dirigeante d’entreprise)logo-Actifs-radio

 

Vous pouvez retrouver le podcast de l’émission en suivant ce lien : http://www.actifsradio.fr/programmation/frequence-politique.html 

 

L’interview de Muriel Boulmier en quelques lignes: 

Interrogée sur la compatibilité du monde politique avec celui de l’entreprise, Muriel Boulmier affirme que « oui, ils sont compatibles », elle-même soulignant qu’elle est élue et chef d’entreprise. « Mais il est vrai que les politiques ont du mal à comprendre les rouages de l’entreprise. La politique ne doit pas être un métier. Afin de connaître la réalité du terrain, les élus doivent avoir une activité en parallèle. Quand on est associé au pouvoir de décider pendant 15 ans, il est nécessaire d’avoir une activité plus quotidienne. »

Revenant sur les annonces du gouvernement  pour soutenir l’emploi, Muriel Boulmier fait remarquer que « le smic représente un coût de 24.000 euros pour une entreprise. Logiquement, les 2000 euros proposés par le gouvernement ne seront pas décisionnels pour embaucher ». Et d’ajouter: « le pas idéologique est fort pour le gouvernement, mais cette proposition montre la distance entre le politique et la PME ».

Comment faire pour que les élus comprennent mieux le monde de l’entreprise ?

« Il y a une réforme à engager : celle des charges sociales (et non de la protection sociale !). C’est un problème énorme pour les entreprises, mais il ne faut pas oublier que c’est aussi un problème pour les salariés : sur 100 euros de prime, l’entreprise en paye 170 et le salarié en touche 60. Faisons en sorte que le cumul des mandants soit enfin mis sur la table pour ce qu’il doit être, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. »

Peut-on agir véritablement sur le développement économique ? Quels sont les moyens d’une collectivité pour dynamiser son territoire ?

« Il faut partir des compétences : aujourd’hui partagées entre les régions et les EPCI. De plus, il faut réfléchir à deux choses: 
– A ce que les zones rurales, amenées à être délaissées avec le processus de métropolisation, deviennent des zones franches. Pourquoi a-t-on peur de réfléchir ainsi ?
– Quels partenariats public/privé pour redonner de l’attractivité aux territoires ? Les acteurs privés qui auront investi et voudront une rentabilité sur ces investissements, ce qui est positif. Encore faut-il créer la richesse pour la partager. Il faut de l’économique pour faire du social ! Je suis pour que l’on soutienne tous ceux qui font les efforts nécessaires pour regagner l’activité économique et l’emploi. Les collectivités sont à l’étape « on n’a plus d’argent », mais n’ont pas encore atteint le stade « avec qui d’autres peut-on travailler pour aller vers l’intérêt général? ».

L’emploi reste-t-elle la problématique n°1 chez le Français de base ?

« Oui, je fais une permanence tous les lundis après-midi et je vois le sort des personnes âgées aux toutes petites retraites, le sort des jeunes sans emploi et aussi ceux qui viennent me dire « j’ai droit à ceci ou à cela ». Il faut aider tous ceux qui font un effort, que je soutiens. Il faut sortir du « j’ai droit » et aller vers l’effort, mais avec du soutien. Alain Juppé propose de mettre un plafond aux aides sociales. Ce serait positif. Les travailleurs pauvres et modestes sont exclus des avantages et paient leurs impôts. Il faut une révolution culturelle, tout en gardant ce que l’on a acquis. Le monde politique ne doit pas être exclu de cette révolution. »

« Nous allons nous en sortir si nous acceptons que la crise de 2008 n’est pas une crise mais notre réalité actuelle qui va perdurer, notre nouveau cadre. L’industrie de main d’œuvre est finie. Nous allons vers davantage de service. Je suis confiante. Mais il faut réfléchir sur ce qu’est l’illettrisme en France : pour interagir avec une machine, il faut aussi savoir lire, écrire et compter. Et il faut l’assurer à tous les enfants. La France est un grand pays et nous n’avons pas le droit de rater les challenges actuels. J’essaie d’engager un dialogue en ce sens avec mes amis élus. Ceux qui travaillent l’entendent bien, ceux qui sont dans la politique depuis plus longtemps, et qui en ont fait un métier, ont peut-être plus de mal. »

 

Également invité, Julien Devèze, secrétaire national du Nouveau Centre, ex conseiller général LR, était aussi invité :

Interrogé sur les passerelles qui existent entre les deux mondes, JD développe l’idée qu’il faut garder une certaine modestie lorsqu’on est élu : « ce sont avant tout les entrepreneurs qui créent l’emploi« . Pour lui, les élus ont un rôle à jouer : celui de facilitateur.

Lorsqu’on lui demande s’il est difficile, dans le contexte actuel, de faire des réformes, il affirme le contraire : « les Français sont conscients de la nécessité de réformes. Ils en ont assez des contraintes imposées par l’Etat qui ne sont pas en adéquation avec la réalité de leur vie. » Pour lui, « notre pays est suradministré et ne facilite pas l’initiative individuelle, empêchant les entrepreneurs de développer leur entreprise. »

Que faire au niveau des territoires pour favoriser l’emploi ? Il recommande de « faire en sorte que les territoires répondent aux besoins des entreprises« , soulignant l’importance de faire rayonner ces territoires à l’international. Pour lui, il faut « montrer que la France est une société qui prospère, qui arrive à innover. »