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Fév 15

Opinion – RSA : sept heures de travail par semaine, un pied à l’étrier

RSA iMAGE

15/02/2016

Une décision audacieuse

7 h d’activité associative bénévole hebdomadaire comme condition pour percevoir le RSA, telle est la décision du conseil départemental de Haut Rhin. L’initiative est audacieuse tout autant que pertinente. Car il faut savoir que le RSA mobilise plus de la moitié des dépenses des conseils départementaux, cela sans pour autant que ces derniers puissent en établir les conditions d’accès. Pourtant, elle n’a pas manqué de faire grincer les dents du côté du ministère des Affaires sociales. Cela serait, nous dit-on, « impossible ».
Or, les critiques pleuvent à propos de ce RSA, anciennement RMI, socle de ressources des plus fragiles, évoluant vers un revenu d’activité mais seulement pour ceux qui retrouvent un emploi. Et le système complexifie les contrôles, alors jugés insuffisants.

Un maquis inaccessible

Notre pays a développé au fil de son histoire notre légendaire et caractéristique protection sociale au sens large. Les régimes sont nombreux, les prestations tout autant, les financements se restreignent. Résultat ? Les Français s’insupportent.
Jusqu’à lors, personne n’a eu l’audace de s’atteler à la cohérence et la lisibilité de ce qui est devenu un maquis inaccessible au sein duquel se croisent conditions de revenus, composition de famille, statut personnel ou professionnel. Nous empilons.
Le chômage explose, noircit l’avenir des plus de 20 ans, qui veulent entreprendre leur vie, et assombrit le devenir des plus de cinquante ans, qui doivent subvenir aux besoins de leurs familles. Les proportions sont équivalentes, 23% de chacune des classes d’âges sont également frappées.

Initiative courageuse

Dans mes permanences d’élue, comme au sein des associations, je reçois de nombreuses personnes. Beaucoup ont pour ressource le RSA. Au delà de l’émotion des situations personnelles, j’ai perçu des attentes différentes. Mais beaucoup d’entre-elles ont le souhait sincère de renouer avec un emploi ou une activité pour ne pas perdre pied. Pour celles-ci le projet porté par le Haut Rhin aura une efficacité, le pied à l’étrier. Le chemin n’est pas facile mais l’initiative est courageuse.
Mettre en lumière la capacité de chacun, permettre d’adapter les aides aux situations personnelles, solliciter le budget santé pour celles et ceux qui ne pourront pas accéder à l’activité ou à l’emploi, orienter vers des formations appropriées…Bref cette réforme audacieuse jouerait le révélateur des difficultés et de la nécessité de trouver la juste adéquation entre la prestation, les besoins des entreprises et les capacités d’y répondre ! Encore faudrait-il que le gouvernement y consente…