Conclusion générale

Traiter de l’habitat et du vieillissement équivaut à réunir deux sujets qui suscitent des réactions d’affection et d’émotion ; ils ont en commun d’appartenir à la sphère intime.

Mais, il s’agit aussi de traiter des paradoxes.

Alors que les sociologues évoquent le « pouvoir gris », que les publicitaires déploient la gamme des performances possibles des seniors, les politiques publiques, elles, évoquent le sujet du point de vue de la dépendance ou de la santé.

Au-delà de ces antinomies, adapter le logement, est une action qui accompagne vers le vieillissement, apprécié comme une évolution naturelle, mais aussi désormais comme un avenir, pour garantir le confort de la vie quotidienne, dans un environnement familier : traiter de la vie ordinaire.

Avec des âges moyens de cessation d’activité, en France de 58 ans, et de début de vie active à 22 ans, notre vision de l’organisation « sociale » d’après-guerre évolue. L’image des trois étapes de la vie forgée autour des grandes solidarités (à la jeunesse, l’apprentissage et la formation ; à l’âge adulte, la vie active ; à la retraite, la vieillesse) n’est d’évidence, plus celle que nous observons.

La catégorie intermédiaire, des plus de 60/65 ans, nommée « seniors », s’accroît de telle manière que les équilibres démographiques sont en passe de s’inverser, en Europe, aux Etats-Unis1, au Japon2. L’Europe, à l’échelle des continents, reste la région la plus « vieille » du monde3. L’accélération du vieillissement, en France, connaîtra un premier pic en 2020, les premiers effets en seront visibles dès 2010.

Nombreux ont été les réalisations et les projets examinés, publics ou privés. Une liste des aménagements les plus fréquemment répertoriés et installés, après un travail pluridisciplinaire (annexe 1-2), illustrent la tendance engagée.

Mais, désormais, le soutien au développement des grandes filières économiques, l’harmonisation des produits, des normes, la simplification ou l’organisation des protocoles d’installation notamment pour les NTIC, permettront d’accroître l’offre d’adaptation et d’aménagement dans le neuf comme dans l’existant, et, par conséquence d’en baisser le coût.

Le chantier est vaste, il touche, dans le secteur locatif comme dans celui de la propriété, des ménages à ressources modestes. Les coûts doivent impérativement être maîtrisés, pour garantir un développement à grande échelle de logements adaptés au plus grand nombre, à prix abordable.

Sujet complexe dans son approche, il sollicite la mise en place de politiques-passerelle qui amènent les grandes administrations à une mise en œuvre transversale et en partenariat.

Gage d’avenir et de confiance, ce chantier, technique et humain à la fois, s’inscrit dans l’évolution profonde des modes de vie.

Seule la parole politique, engagée et sensible aux attentes des personnes âgées et de leur famille et aux enjeux, tant de prévention, qu’économiques que représente le grand secteur de l’habitat, lui donnera la légitimité et la cohérence, pour que nous puissions répondre à la question « Comment voulons-nous vieillir ? ».

1 Enquête du bureau américain du recensement de juillet 2009 : « les personnes âgées seront bientôt plus nombreuses que les jeunes »
2 22% de la population a plus de 65 ans
3 L’Afrique subsaharienne, la plus jeune