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Fév 20

Le Vieillissement, l’Europe et le Lot-et-Garonne

Article publié sur SeptJour.fr :

Devant les Parlementaires de l’Intergroupe URBAN au Parlement Européen, Muriel BOULMIER a présenté ses

travaux sur le vieillissement et ses conséquences sur le futur des villes.

Quelques chiffres simples montrent que dans juste un peu plus de 20 ans, les + 65 ans seront plus nombreux que
les moins de 15 ans, aussi bien en France qu’en Europe. Mais la vieillesse n’est plus ce qu’elle était en 1950 :
l’âge de la retraite était à 65 ans, quand l’espérance de vie des hommes était de 62 ans.

Aujourd’hui, nous vivons plus longtemps mais en bonne santé, donc, le vieillissement plus long, repousse l’âge
de la vieillesse. Pourtant, l’âge de 60 ou 65 ans demeure celui de l’ouverture des droits liés à l’âge : les cartes de
réduction SNCF, les pensions… Aussi cette borne de l’âge est encore collectivement ressentie comme synonyme
de vieillesse. Mais, ce n’est plus vrai !

Les modes de vie et d’habitat ont changé en Europe, en France, en Lot-et-Garonne.

En Lot-et-Garonne, plus de 90 000 habitants ont plus de 60 ans, presque un tiers de notre population !

Révolution silencieuse de l’âge, lente à percevoir pour les politiques publiques, l’évolution démographique presse
les territoires à réagir dans l’urgence.

90% des personnes âgées veulent vieillir à domicile, dans leur environnement familier et… le font : 90 % des 90
ans et plus vivent encore chez eux, un centenaire sur deux !

Mais se pose la question du confort et de la sécurité face au fléau notamment des chutes à domicile. Dans ce cas,
le défaut d’adaptation des logements oblige souvent au déménagement. Mais pour aller où et à quel prix ?

C’est une difficulté que connaissent tous les pays européens aussi bien dans leurs territoires ruraux que dans les
villes. C’est vrai en France et en Lot-et-Garonne. Majoritairement propriétaires de leur maison, les personnes
âgées retraitées agricoles pour beaucoup, ont des ressources trop faibles pour financer le « reste à payer » des
maisons de retraite, même après les aides publiques. Et l’offre abordable est insuffisante.

Le surcoût pour les finances publiques, d’une maison de retraite est de 1 800 € par an, hors soins médicaux, le
coût moyen de l’adaptation est entre 3 000 et 4 000 € (toilettes, salle de bains, cuisine, électricité).

Dès lors que la contribution publique permet de gagner plus de 18 mois à 2 ans à domicile, tout le monde est
gagnant. L’Europe a pris en compte le défi climatique et a permis le financement de l’efficacité énergétique dans
les logements, le défi démographique du vieillissement est comparable.

Riche de l’observation de sa région et des 150 auditions menées pendant les deux missions ministérielles, Muriel
BOULMIER a fait une proposition.

Devant le Président Jan OLBRYCHT, la Vice-Présidente Sophie AUCONIE, les parlementaires, et, les
représentants de la Commission Européenne, Muriel BOULMIER a proposé que les négociations sur les
financements FEDER prennent en compte l’adaptation du logement pour les personnes âgées à petites
ressources.

Le débat a été favorable à la proposition.

Pour nos territoires ruraux c’est un impératif. Avec une politique bien organisée qui a donné confiance aux
familles, le Limousin, région la plus vieille de France a réussi à accroître sa population.
Le vieillissement est une chance, gisement d’emplois et d’initiative, le logement participe aux solutions.