L’amour !

En 2017, la France a été de tous les rendez-vous avec son jeune président.
Elle était prête à l’aimer, elle appréciait ses ardiesses, ses promesses audacieuses d’un nouveau monde qui ferait rosir ses joues, souriante comme après un long sommeil.
Elle croyait aux chansons d’amour, aux rencontres de mains qui se frôlent et pourquoi pas aux amoureux des bancs publics de Georges Brassens qui ne froissaient que les bien-pensants, rêvant d’en faire autant sans oser.
 
Mais ce fut l’ère du premier de cordée et du geek chantant à partir de son smartphone dont l’écran tenait lieu de contact.
 
On s’approche d’un drame amoureux à la Barbara Cartland, les vestiges de l’amour.
 
Pour se réveiller en 2022 avec le vertige de l’amour de Baschung qui nous dit : j’ai dû rêver trop fort.
 
Oui les amoureux se sont éparpillés comme les moineaux en ville qui disparaissent progressivement à leur tour. Il y a bien les petits cadenas dorés attachés sur les ponts dont on jette la clé dans le fleuve au grand bonheur des quincailliers qui renflouent leurs stocks et leurs caisses.
Mais ça n’a rien à voir avec le regard bouleversé de deux êtres tenus par les mots enchanteurs de l’un, un soir de 2017 au Louvre.
 
En 2022 le président réélu a cru tellement que l’histoire continuait qu’il a expédié les mercis au pied de la Tour Eiffel sans avoir pris le temps d’en parler vraiment avec les Français.
 
Alors quand il s’est agi d’élire les députés, le tarmac de l’aéroport a été encore plus racorni pour lancer un appel à l’aide, pressé de sauter dans un avion pour aller ailleurs !
 
Mais nous, disent les Français, on nous laisse tout seuls avec l’envahissement du stade de France dont on perd les vidéos.
 
L’amour a beau être enfant de bohème il ne faut pas que le désordre s’éternise. Parce qu’alors à quoi ça sert d’être transgressif s’il n’y a plus d’ordre social à transgresser ?
 
Voilà notre encore jeune président qui découvre le désamour qui couvait. Il n’y croyait pas, peut-être trop sûr de lui, de ses idées, lui qui n’a jamais côtoyé les bas et les revers d’une carrière politique qui forgent l’âme. Il n’a connu que les hauts.
Le voici confronté à un inédit, quand les Français confrontés à leurs soucis, le lui disent.
Il ne manquerait plus que le virus sorte de sa réserve, ce qu’il paraît être tenté de faire.
 
Protégeons nous et passez une bonne semaine.
 

Chronique diffusée sur 47fm le 24 juin 2022.