Les turbulences de l’oiseau bleu

L’illustre palombe qui rassemble le Sud-ouest pour des agapes guerrières et somnolentes n’est pas le seul oiseau bleu dont ont parle aujourd’hui.
 
L’autre oiseau bleu est stylisé, se pavane sur les écrans des portables. Il est planétaire, il est né en 2006, il gazouille de tout et de rien en 280 caractères.
 
Oui, bien sûr c’est Twitter, avec ses 395 millions de twittos, comprenez utilisateurs, à travers le monde.
 
Une autre façon de se parler, ou de parler à l’inconnu dans cet univers où il n’est pas nécessaire de s’identifier « en vrai », comme disent les enfants, pour s’exprimer.
C’est là toute la question de la fiabilité des propos, les fausses nouvelles, les interventions répétées de faux comptes automatisés qui répandent une rumeur, la nourrissent pour déstabiliser sa cible, une personne, comme un État.
 
Twitter vivait sa vie remplie de critiques quand le sud-africano-canado-americain, Elon Musk est entré dans la danse.
 
Il a fondé Pay Pal. En vendant cette pépite il est devenu milliardaire et a poursuivi ses entreprises, l’automobile avec Tesla, puis Space X, et il vient de racheter Twitter pour 44 milliards de dollars. Ça fait plus de dollars que Picsou peut en dessiner dans ses yeux.
 
Alors pourquoi des turbulences ?
Parce que le nouveau maître du monde en 4 lignes a décidé de donner un nouvel envol à l’oiseau.
 
Ce bavardage brouillon, peu fiable deviendrait payant, 8 dollars par mois, ce qui pourrait compliquer la vie des faux comptes qui devront dégainer autant de cartes bleues que de comptes ; il a effleuré l’idée d’estampiller officiel les comptes d’Etat ou d’organisations. Aussitôt dit, aussitôt essayé, aussitôt renoncé.
 
N’était-ce pas par tweet que Trump avait incité à l’invasion du Capitole américain ? Cela fait réfléchir.
 
Un coup d’aile et la question se pose, faut-il craindre une guerre entre Twitter et les Mastonautes du réseau Mastodon créé en 2016 qui offre 500 signes mais qui ne compte que six millions d’abonnés, 66 fois moins que celui dont il aimerait être le concurrent ? Une petite histoire de grenouille et de bœuf me vient à l’esprit, Jean de la Fontaine sort de ta cachette.
 
J’ai pensé en conclusion à un poème d’Alphonse Daudet.
 
J’ai dans mon cœur un oiseau bleu
Une charmante créature
Il lui faut du sang pour pâture
Bien longtemps je me fis un jeu
De lui donner sa nourriture
Les petits oiseaux mangent peu.
 
Comme un petit air de Twitter, de ce pas je vais en parler à Tata Simone.
Bonne semaine.
 

Chronique diffusée sur 47fm le 11 novembre 2022.