L’humour réchauffe

Toutes les ondes, les écrans et les pages reprennent l’augmentation des prix du gaz et de l’électricité qui va nous coûter cher, très cher cet hiver, avec pour leitmotiv comment endiguer cette inédite situation. 

 
Il y a d’abord les municipalités qui décident les unes après les autres de rogner sur l’éclairage public. Cela va de la Tour Eiffel qui ne scintillera plus la nuit, à l’extinction des enseignes lumineuses et des vitrines. Après tout, supprimer la pollution lumineuse fera rentrer le charme du ciel hivernal étoilé dans l’univers urbain.
Ce qui m’alerte ce sont les rues qui vont devenir noires ici à 23h, là à une heure du matin. Pas un mot pour la sécurité de celles et ceux qui, par choix ou par besoin, rentrent tard ?
Je m’interroge. Depuis que je suis en âge de comprendre, j’ai entendu répéter « gouverner, c’est prévoir » et décider convient-il d’ajouter. La formule attribuée à Adolphe Thiers ou Émile de Girardin, peu importe, date du 19e siècle, l’affaire n’est donc pas nouvelle.
 
Pas plus nouvelle que les nécessaires économies massives d’énergie. Or pourquoi les villes n’ont-elles pas anticipé et équipé leur éclairage public de leds peu consommateurs, de détecteurs de présence, que sais-je, qui auraient permis de juguler les coûts sans aujourd’hui dégrader la confiance et la sécurité. Je pense notamment à celle des femmes.
 
Gouverner c’est prévoir, et le gouvernement n’est pas en reste.
 
Les 19 degrés réglementaires s’appliquent partout, dans les bâtiments publics comme à domicile, chaque geste d’économie domestique est désormais encouragé.
Conséquence de la mise en pratique de la sobriété énergétique, le Ministre des finances, annonce, façon bravache, ne plus porter de cravate et se rabattre sur le col roulé. Tintamarre vaniteux autour d’une annonce dérisoire moquée par tous.
 
Mais je me demande si tout compte fait je ne préfère pas le conseil de Gilles Legendre, celui qui nous avait expliqué que le gouvernement était trop intelligent pour que, nous les Français, le comprenions. Lui, le même, nous indique renoncer, avec sa femme, au sèche-linge pour lui préférer l’étendoir, tout compte fait, ajoute-t’il, c’est bien pratique et pas si difficile que ça. Mais quel courage de solidarité dans l’épreuve.
La première ministre en doudoune, nous incite à se mettre au vélo.
Je ne les imaginais pas aussi taquins.
 
Tout compte fait je les remercie, profondément, sincèrement, je manquais d’occasion de rire, j’en ai trouvé quelques unes que j’ai eu envie de partager avec vous.
 
Bonne semaine, en route pour de nouvelles aventures.