Ma planète, ma terre, mon pays, mon village !

Cette interpellation pourrait être un refrain entonné sur des gammes différentes à toutes occasions, comme un hymne émanant de chœurs divers et qui se termine en cacophonie.

Ma chère planète, tu es sous la vigilance de tous, ma chère nature, qui donc ne s’exprime pas pour demander ta mise sous tutelle, ta protection.
Les vacances sont un bel exemple. Les clichés sur les réseaux sociaux montrent des paysages qui propagent un sentiment de calme assourdissant se perdant dans une beauté de dame nature à couper le souffle. C’est ainsi que de confidentiel, ces coins de paradis souffrent des pathologies saisonnières, le surtourisme qui les recouvrent de petits points multicolores : nous  les vacanciers. Rocamadour, le Mont Saint Michel, certains sites des Gorges du Verdon.

L’écologie a cru trouver sa muse avec la jeune Greta, qui a relié New-York à la voile au nom de la planète. Plus élitiste qu’accessible.
Avant de disparaître des écrans, elle a réussi à instiller une culpabilité collective bruyamment nourrie du bruit des casseroles des manifestations de ses soutiens et exploitée sans vergogne par un monde politique avide de sens.

Bercés par l’abondance, ses défenseurs s’indignent des transports en voiture. Le seul mot avion est une insulte, et tant pis si les habitants des campagnes ne peuvent être que motorisés pour aller travailler.
Alors tout le monde s’y est mis pour les satisfaire, la proximité ne ressemble plus à l’humain mais à une plateforme en ligne fréquentée avec des appels qui coûtent deux à trois fois le prix des costumes qu’ils dénoncent, les chaussures les plus branchées sont en bouteilles plastiques recyclées, les voitures ne sont vertueuses qu’électriques, tant pis pour le prix, tant pis si personne n’a résolu le problème des batteries usées.
Je ne parle pas des outrances de certaines parlementaires qui se confondent avec leur parodie.

Ma chère nature tes défenseurs auto-proclamés ne te lâcheront plus, sans ça ils n’existent plus. Mais bien chère amie, bien plus nombreux sont ceux qui t’aiment vraiment, qui te connaissent depuis longtemps, et les plus urbains que tu fais rêver avec ta part de mystère. Personne n’oublie qu’on te doit d’exister, personne n’a envie de te voir disparaître sans pour autant le proclamer à coup de sentences définitives expédiées derrière un clavier, ceux-là te prennent en otage d’un autre combat, le leur.

Chère planète, chère terre, cher pays, cher village nous te souhaitons tous une bonne semaine.
 

Chronique diffusée sur 47fm le 9 septembre 2022.