Pourquoi tu brises l’arbre magique ?

Non, ce n’est pas une chanson pour enfants, mais c’est l’air connu de la SNCF qui m’y a fait penser hier en attendant mon train.

Il y a quelques années, un président de la République avait affirmé : « la France ne sera plus le pays des grèves. ».
Un futur qui nous plaisait bien.
Je ne me souviens plus s’il y a eu une année où l’affirmation a pu être vérifiée.

Aujourd’hui, j’aimerais m’adresser à ma chère SNCF.
Tu étais destinée au transport populaire, permettant à ceux qui ne pouvaient posséder l’objet convoité qu’est la voiture de partir. Tu étais l’arbre magique à mille branches qui servait de liens à tous les coins de France.
Tu as dû ranger tout ça sur l’étagère des souvenirs depuis bien longtemps.
Désormais tu nous berces de ta mélodie que nous connaissons par cœur à force de se geler sur tes quais de gare. Dix minutes de retard qui deviennent vingt pour s’emballer vers les soixante, chaque étape ponctuée par ta douce voix qui nous répète combien tu es désolée.
Et nous donc !
Surtout que nous avons payé un billet hors de prix, et que tu ne nous as pas averti par tes fameux sms.
 

Alors, chère SNCF, tu chéris tes agents, mais que fais-tu de tes clients et de tous ceux qui contribuent pour toi ? Pour eux, leur envie est simple, acheter un billet – après avoir débusqué le bon dans la foison des possibilités – pour arriver à destination à l’heure.

Chers agents de la SNCF, pourquoi privez-vous les Français du plaisir de retrouver les leurs au moment des vacances ? Ils sont désorientés, errent comme âme en peine dans la gare à la recherche de renseignements tellement précieux que vous ne les donnez pas.

Vous nous dites que rien ne va plus. Mais en êtes-vous si sûrs ? Vous nous parlez de vos salaires, de vos primes, et nous, nous pensons à vos retraites anticipées, à vos voyages à prix réduits. Mais nous aimerions tant voyager dans nos trains avec vous aux manettes.

Ajoutons que, quand pris dans le maelström des retards et des annulations, nous essayons de changer notre billet d’une gamme de train à une autre, tgv inoui, ter, intercité ou ouigo, commence une autre galère qui se termine inéluctablement par devoir acheter un nouveau billet.
 

Chère SNCF, quand enfin nous arrivons, tu nous remercies d’avoir voyagé avec le train parce qu’il est le plus écologique, et nous, nous pensons à tout ce temps passé avec toi avec comme compagnie patiente, notre fidèle bagage à roulettes. Il en a tant à raconter.

Oui, chère SNCF, combien nous aimerions que tu nous aimes un peu.

Bonne semaine
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