vue du ciel depuis un hublot d'avion

Tata Suzanne et le soleil de mai

Même si les ponts de mai ne permettent pas d’allonger les jours de vacances, il n’empêche, rien que d’évoquer le muguet donne des envies d’évasion.
Même Tata Suzanne y pense sérieusement.
 
Et la voici, sage et scotchée sur l’écran de son portable avant de se mettre en action. Elle me réserve la primeur des possibilités, aucun détail ne m’échappe, j’écoute avec affection certes, mais un peu distante sachant sa capacité à ne rien passer sous silence.
Cependant il y a du vrai dans le bavardage de Tata Suzanne.
 
Tentée d’aller visiter une ancienne amie à Nice, ayant trouvé le « où », elle explore le « comment ». Longue distance pour l’entreprendre en voiture et avec le prix de l’essence et les péages etc. etc. m’explique t’elle, tu comprends, j’abandonne me dit-elle, pour s’orienter vers la Sncf. Elle aime bien l’annonce du contrôleur à l’arrivée en gare qui rappelle que le train reste le mode de transport le plus écologique.
Et oui, Tata Suzanne se soucie de l’environnement. Mais jeune retraitée, elle sait aussi compter, et les tarifs sont trop chers pour elle.
 
C’est alors qu’une de ses copines lui parle d’un vol à 50€, elle dresse l’oreille, puis décide d’une escapade entre amies.
 
Les voici arrivées à l’aérogare, après avoir sorti ceinture, dentifrice, clés, obligées de se contorsionner pour déposer leur sacro saint Ipad, autorisées enfin par la sécurité à pénétrer dans une bulle de consommation, celle qui les amène du contrôle à leur embarquement.
Elles n’ont besoin de rien, tant pis, les voici obligées de traverser l’espace parfum, chocolat et alcool qui dessine le parcours, sans pouvoir s’en échapper.
 
Puis vient le chemin qui décrit des arabesques au milieu des marques de luxe, sans raccourci possible. Au milieu de mille feux, elle voit un jeune couple chinois choisir leur bague de fiançailles et se fabriquer un souvenir made in France.
Enfin, enfin, elle peut entrer dans l’avion.
 
Tata Suzanne n’en peut plus, elle a mal aux pieds, et puis …un vol à 50€ , bonne surprise mais l’empreinte carbone dans tout ça ? Le train, transport écologique dit populaire dont seul le prix ne l’est pas. Enfin, cet univers inhabituel pour atteindre l’avion, promesse du départ, vraiment Tata Suzanne en était toute transportée.
 
Bonne semaine à tous.
 

Chronique diffusée sur 47fm le 29 avril 2022.